Maïs-revolver contre OGM : 0-1

Directmatin nous apprend aujourd’hui que la campagne d’affichage choc du mouvement écologiste France nature environnement (FNE) a été purement et simplement censurée par la régie publicitaire de la RATP, Métrobus, le message étant jugé « trop agressif ». Un première affiche, intitulée « C’est sans danger », présentait un homme se tirant une balle dans la tête avec un épi de maïs. Elle affirmait : « Concernant les OGM, on n’a pas encore assez de recul ». Ah, mais quelle agressivité, mes amis !

On pourrait se demander, à ce train-là(!), combien d’autres messages publicitaires agressifs sont pourtant laissés sous notre nez sans que personne n’y trouve à redire. (On pense par exemple à ces affiches pour jeux vidéos ou films ultra-glauques et sanguinolants qui font l’apologie de la peur et des plus bas sentiments humains)…

Pour réhabiliter cette campagne et ces pauvres affiches qui ne seront hélas pas placardées sur les quais des stations de métro Odéon, Saint Lazare et Montparnasse, Catholique anarchiste se fait donc un plaisir de les republier ici, au nom de la liberté d’expression.

La deuxième affiche, intitulée ironiquement « Bonnes vacances » (une autre version titre avec humour « Arrêtez vos salades »), représente un petit garçon jouant dans les algues sur une plage normande. La légende dit : « L’élevage industriel des porcs et les engrais génèrent des algues vertes, leur décomposition dégage un gaz mortel pour l’homme ». Quelle violence, chers internautes ! Mais n’est-ce pas vrai ?

La troisième affiche est une photo de tranche de boeuf titrée « Gros menteur » et qui assène : « La loi n’impose pas l’étiquetage des viandes issues d’animaux nourris aux OGM ». Si c’est vrai, cette vérité nous cache-t-elle quelque chose ?

Enfin, une quatrième affiche, intitulée « Kill bées » (aux couleurs du film Kill bill), affirme : « Certains pesticides présentent un danger mortel pour les abeilles et ce n’est pas du cinéma ». (Une autre version représente une tête de mort composée d’abeilles et titre « Fin du Buzz ».)

En attendant, les réactions épidermiques que soulèvent cette excellente campagne provoque une polémique dont elle ne pouvait rêver mieux pour se faire connaître. Ainsi, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a « condamné » la campagne, expliquant qu’elle consistait un « scandale » et une « provocation à quelques jours du salon de l’agriculture ». D’ailleurs, au nom de quoi un ministre en exercice peut-il condamner une campagne d’expression publique ? Il y aurait-il des liens sous-jacents entre ce pouvoir établi et l’industrie agro-alimentaire ? Justement, nous apprend le journal, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), principal regroupement de l’industrie agro-alimentaire, a dénoncé l’aspect « caricatural » de la campagne.

De leur côté, les Bretons sont furieux, nous rapporte Ouest-France. Joël Le Jeune, président de LTA (l’agglomération Lannion-Trégor, en Bretagne), Jean-Claude Lamandé, président du comité des bassins versants de la Lieue-de-Grève, François Bouriot, président de l’établissement de tourisme communautaire, estiment que « c’est un véritable coup de poignard qui est asséné dans le dos des Bretons avec les répercussions économiques et touristiques que l’on peut, hélas, envisager ». Répercussions économiques contre liberté d’expression, nous y sommes ! Ils déplorent aussi « l’irresponsabilité d’une campagne publicitaire qui discrédite l’ensemble des activités des professionnels du tourisme trégorrois et bretons »…

Bruno Genty, président de France nature, a répondu que son association « ne se bat pas contre les agriculteurs mais bien contre un modèle dont ces mêmes agriculteurs sont souvent les premières victimes », un peu comme si une campagne contre l’avortement était accusée de se battre contre les femmes en détresse… Il réclame que toutes les affiches soient réintroduites dans le métro parisien jusqu’à la date initialement prévue du 21 février. Par ailleurs, des éleveurs s’étant plaints de ces mêmes affiches devant la justice ont été déboutés…

Ce débat a donc le mérite de soulever des vraies questions sur les dangers que peuvent avoir certaines pratiques industrielles pour l’homme et son environnement, sous prétexte de rentabilité économique, dans un paysage ultra-libéral. Les OGM représentent-ils oui ou non danger pour l’homme ? L’élevage des porcs est-il en cause dans la pollution aux algues vertes ? Les pesticides tuent-ils les petites abeilles ? Ces questions appellent des réponses et il faudra en débattre ici ou ailleurs.

Le site de l’association France nature environnement : www.fne.asso.fr

Lettre ouverte au camarade député Dussopt

Ce matin, en prenant le métro, une petite dame s’engouffre dans le wagon, seule, avec sa valise à roulettes. Elle se démène, cette petite dame, elle se fraye un chemin avec beaucoup de courage et d’énergie au milieu des passagers tassés de cette ligne surchargée. On lui donne une place. Je m’aperçois alors qu’elle est une personne trisomique.

Et voici que j’apprends votre toute récente déclaration : « Quand j’entends que “malheureusement” 96 % des grossesses pour lesquelles la trisomie 21 est repérée se terminent par une interruption de grossesse, la vraie question que je me pose c’est pourquoi il en reste 4 %. ».

Vos propos me glacent le sang. Ils rappellent à bien des égards les périodes les plus sombres de notre histoire.

Il me semble qu’ils mériteraient de votre part des excuses publiques pour toutes les personnes trisomiques comme celle que j’ai croisée ce matin dans le métro. Qu’auriez-vous dit si vous étiez à la place de cette personne, dont la vie n’est pas facile mais qui est semble tout de même heureuse de vivre ? Qu’a-t-elle pu comprendre en lisant dans la presse votre déclaration, qui porte directement atteinte à sa propre vie ? Allez-vous proposer ensuite de mettre une « étoile jaune » aux trisomiques qui ont survécu à l’avortement ?

Il n’est pas trop tard, cher Monsieur, pour revenir au bon sens et… à plus d’humanité. Il n’est pas trop tard pour faire marche arrière, changer de ligne et proclamer désormais haut et fort que l’avortement des personnes trisomiques n’est pas une solution. Vous pouvez changer de bord, retourner votre veste. L’histoire vous en tiendra compte. Dieu, si vous y croyez, vous le revaudra.

J’ai pensé un instant à toutes ces femmes qui ont avorté leur enfant trisomique, en voyant cette jeune femme pleine de vie du métro parisien. Et si c’était votre propre fille, qu’auriez-vous fait ? Qu’auriez-vous dit à la tribune de l’Assemblée ? N’auriez-vous pas défendu cette jeune femme comme votre propre fille ?

Que dire d’une civilisation qui met ainsi à mort ses enfants ?

Euthanazie : vers une liquidation des personnes non-productives

(Où quand les « intérêts » ne sont pas ceux des patients…)

Le site www.fautpaspousser.com révèle dans un article les dérives déjà en vogue à l’étranger, dans les pays qui ont adopté cette « loi » méprisant les petites gens malades, les vieux de nos hôpitaux et les jeunes en mal de vivre.

Ainsi, en Belgique, le nombre officiel d’euthanasies a augmenté de 250% en cinq ans (235 à 822 morts, dont 25 enfants alors que cette pratique est interdite pour les mineurs). Les « kits euthanasie » d’aide à se trucider vendus en pharmacie ne font l’objet d’aucun contrôle et plusieurs cas d’euthanasie de patients souffrants de dépression ont été dénoncés : il s’agit bien là d’aide officielle au suicide, sans raisons médicales, dans l’anarchie sociale – pour ne pas dire le chaos moral – le plus total.

Aux Pays-Bas, un rapport de députés français évaluant la loi sur la fin de vie a révélé que 20% des euthanasie, pourtant autorisées, n’étaient pas déclarées. De nombreuses personnes âgées se sont installés à la frontière allemande, craignant leur propre entourage.

En Suisse, des scandales ont éclaté avec l’euthanasie de personnes dépressives qu’on pouvait guérir. La découverte, en avril 2010, de dizaines d’urnes funéraires déposées par une association dans le lac de Zürich a alerté les pouvoirs publics. Enfin, une étude révèle que 34% des personnes qui avaient eu recours au suicide assisté par l’intermédiaire d’une de ces associations, dont des jeunes de moins de 30 ans, ne souffraient pas d’une maladie mortelle.

Objectif atteint ? De nombreuses personnes âgées ne veulent déjà plus se rendre à l’hôpital de peur de se faire empoisonner avant l’heure. La confiance n’est pas au beau fixe… Mais pour tout ultra libéral qui se respecte – ou qui pense pouvoir le faire en tuant les autres alors qu’il rejette avec sa propre humanité – il faut, pour améliorer l’économie, supprimer les malades incurables, comme le faisaient déjà les nazis notamment vis-à-vis des personnes handicapées qu’ils jugeaient « improductives »…

Les médecins aux 400 coups

Dans le Figaro, un professeur de médecine à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, Louis Puybasset, signe une tribune où il explique pourquoi les trois propositions de lois sur l’euthanasie qui seront examinées mardi prochain 25 janvier 2011 au Sénat (heure inconnue, mais sortez vos chapelets), sont inadaptées, inutiles et dangereuses. Il note que si l’on appliquait en France la pratique de l’euthanasie telle qu’en Hollande, cela conduirait à environ « 50 décès par jour ouvrable ». Pour lui, légaliser l’euthanasie serait s’engager sur « une pente glissante avec, au minimum, un risque de pression morale sur les plus vulnérables ou les plus pauvres ». Ce serait également bouleverser la confiance dans les médecins et professionnels de santé qui sont là pour soigner et non pour tuer, mais aussi « ignorer le poids de la culpabilité pour les générations suivantes ». La société peut-elle, au prétexte de l’autonomie des individus, « imposer aux médecins de les faire mourir ? » interroge-t-il.

S’occuper des mourants, non les faire mourir

Pour cet éminent professeur, « la médecine doit s’occuper du mourir, non de faire mourir. La nécessaire médicalisation du mourir, partie intégrante de l’accompagnement de fin de vie, est bien différente d’une médicalisation légalisée du faire-mourir, poursuit-il. Légaliser un droit à attenter à sa propre vie par l’intervention d’un médecin irait contre ce qui légitime la pratique médicale : la confiance accordée dans la volonté de préservation du malade ». Cela reviendrait aussi à « s’inscrire contre le rôle dévolu à la médecine, telle qu’il est prescrit depuis deux mile ans par tous les textes d’éthique, d’Hippocrate (IVe siècle avant Jésus-Christ) à Maimonide (1150 après JC) et jusqu’aux actuelles décisions du Conseil de l’Europe ».

L’Eglise catholique, pourtant moderne, est totalement opposée

Dans une autre tribune, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, dénonce également la tentation de « céder aux pressions financières et commerciales qui se cachent parfois sous le masque d’un scientisme naïf ». Comme l’explique très bien à ce sujet le consultant Guillaume de Prémare sur son blog Urgencecomcatho, « il est aujourd’hui clair que l’Eglise catholique n’a pu que constater la pression de puissants lobbies économiques (laboratoires etc.) pour lesquels les enjeux financiers sont considérables ; l’influence de sociétés philosophiques fermées qui sont déterminées à « faire sauter » les derniers verrous éthiques ; les conflits d’intérêt et le phénomène d’autoprotection au sein de l’Agence de la biomédecine : des chercheurs contrôlent des chercheurs ; l’acharnement à privilégier la recherche sur l’embryon à toute autre solution éthique pourtant prometteuse (par exemple la recherche sur les cellules souches adultes). »

L’opinion française très réticente à une loi sur l’euthanasie

Un sondage d’Opinion Way réalisé début 2011 auprès de 1015 personnes montre que les français sont réticents vis-à-vis d’une loi sur l’euthanasie. Ainsi, 60% des personnes interrogées « préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l’euthanasie ». 52% estiment même qu’une loi sur l’euthanasie comporterait des « risques de dérives » : 57 % d’entre eux s’inquiètent de la possibilité que « des malades non consentants soient euthanasiés », 63% que la société puisse décider légalement de la mort d’une personne, et 56% que des malades vulnérables puissent subir des pressions pour accepter une euthanasie.

Outre le risque que prendrait le gouvernement, à l’approche de la présidentielle, en acceptant une telle « loi » pourtant si inique, est-ce bien le rôle d’un Etat, d’une démocratie, d’ouvrir la porte à telles possibilités qui vont, de toute évidence, à l’encontre du bien commun ? Un bien commun de tous, sans différences d’âge, de sexe, de couleur de peau ou d’état de santé,que tout homme d’Etat de bonne volonté est pourtant sensé rechercher ?

« Le messie était un réfugié »

L’Eglise catholique fête aujourd’hui la Journée mondiale du migrant et du réfugié. Avant de réciter la prière de l’Angelus depuis la fenêtre de son bureau au Vatican, qui donne place Saint Pierre, le pape a déclaré un discours dans lequel il est revenu sur cet aspect de la doctrine sociale de l’Eglise. « Les parents de Jésus, a-t-il dit, durent fuir jusqu’après Noël leur propre terre et se réfugier en Egypte pour sauver la vie de leur enfant : le messie, le fils de Dieu, était un réfugié ».

Pour le pape, « l’objectif du grand voyage de l’humanité à travers les siècles » est de « former une famille unique, avec naturellement toutes les différences qui l’enrichissent, mais sans barrières, en nous reconnaissant tous frères. » Benoît XVI rappelle aussi l’enseignement du Concile Vatican II : « Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre ».

D’où l’importance, d’après lui, d’accueillir les hommes dans leurs différences, comme il rappelait aux pèlerins francophones le 22 août dernier (ce qui suscita en France, on s’en rappelle, une vive polémique) : « Les textes liturgiques de ce jour, avait-il dit, nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C’est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines. » Même si cela ne plaît pas à la frange très à droite ou ultra-libérale des catholiques, une nouvelle fois le pape rappelle donc que le chrétien est quelqu’un qui sait accueillir l’étranger, l’immigré. De là à dire que le but n’est pas de combattre les étrangers, quels qu’ils soient, ni de les rejeter à la mer, mais plutôt de les aimer pour leur apporter de façon cohérente la Bonne Nouvelle du salut, il n’y a qu’un pas que Benoît XVI semble près de franchir.

Dans son message officiel pour cette le pape insiste sur un point : « dans le cas des migrants forcés, dit-il, la solidarité se nourrit de la ‘réserve’ d’amour qui naît du fait de se considérer comme une seule famille humaine. (…) Accueillir les réfugiés et leur accorder l’hospitalité représente pour tous une geste juste de solidarité humaine, afin que ces derniers ne se sentent pas isolés à cause de l’intolérance et du manque d’intérêt. (…) Cela signifie  qu’il faudra aider ceux qui sont contraints de quitter leurs maisons ou leur terre à trouver un lieu où ils pourront vivre dans la paix et la sécurité, travailler et assumer les droits et les devoirs existant dans le pays qui les accueille, en contribuant au bien commun, sans oublier la dimension religieuse de la vie. »

Pour en savoir plus : Le message du pape Benoît XVI pour la 91ème Journée mondiale du migrant et du réfugié, sur le site du Vatican

Pour Benoît XVI, la nécessité des syndicats est aujourd’hui encore plus pertinente qu’hier !

Affiche "Touche pas à mon dimanche" du syndicat CFTC

Affiche "Touche pas à mon dimanche" du syndicat CFTC

Dans sa dernière encyclique, La charité dans la vérité (1), Benoît XVI se prononce en faveur des syndicats, n’en déplaise aux catholiques ultra-libéraux.  Le pape déplore que « les réseaux traditionnels de solidarité se trouvent contraints de surmonter des obstacles toujours plus importants ».  « L’invitation de la doctrine sociale de l’Église à susciter des associations de travailleurs pour la défense de leurs droits, écrit le pape, est donc aujourd’hui plus pertinente encore qu’hier. »

Au numéro 25, le pape commence par expliquer que « Du point de vue social, les systèmes de protection et de prévoyance qui existaient déjà dans de nombreux pays à l’époque de Paul VI, peinent et pourraient avoir plus de mal encore à l’avenir à poursuivre leurs objectifs de vraie justice sociale dans un cadre économique profondément modifié. »

Autrement dit, pour le pape la justice sociale n’est pas une option. Mais laissons-le poursuivre sur l’un des processus qui conduit à cet affaiblissement de la protection sociale, qu’il n’hésite pas à appeler par son nom : la délocalisation…

« Le marché devenu mondial a stimulé avant tout, de la part de pays riches, la recherche de lieux où délocaliser les productions à bas coût dans le but de réduire les prix d’un grand nombre de biens, d’accroître le pouvoir d’achat et donc d’accélérer le taux de croissance fondé sur une consommation accrue du marché interne. »

Pour Benoît XVI, l’effet est évident : « En conséquence, le marché a encouragé des formes nouvelles de compétition entre les États dans le but d’attirer les centres de production des entreprises étrangères, à travers divers moyens, au nombre desquels une fiscalité avantageuse et la dérégulation du monde du travail ».

Voilà pourquoi, écrit le pape, « ces processus ont entraîné l’affaiblissement des réseaux de protection sociale en contrepartie de la recherche de plus grands avantages de compétitivité sur le marché mondial, faisant peser de graves menaces sur les droits des travailleurs, sur les droits fondamentaux de l’homme et sur la solidarité mise en œuvre par les formes traditionnelles de l’État social. »

Alors qui des systèmes de sécurité sociale, pourtant utiles aux travailleurs ?

« Les systèmes de sécurité sociale peuvent perdre la capacité de remplir leur mission dans les pays émergents et dans les pays déjà développés, comme dans des pays pauvres. Là, les politiques d’équilibre budgétaire, avec des coupes dans les dépenses sociales, souvent recommandées par les Institutions financières internationales, peuvent laisser les citoyens désarmés face aux risques nouveaux et anciens. Une telle impuissance est accentuée par le manque de protection efficace de la part des associations de travailleurs. »

Autrement dit, il faut déplorer une sécurité sociale de moins en moins efficace pour des raisons financières, et une protection limitée de la part des syndicats.  Mais ce n’est pas tout. Le pape regrette que les syndicats soient diminués dans leur rôle de représentation des intérêts des travailleurs par les gouvernements :

« L’ensemble des changements sociaux et économiques font que les organisations syndicales éprouvent de plus grandes difficultés à remplir leur rôle de représentation des intérêts des travailleurs, encore accentuées par le fait que les gouvernements, pour des raisons d’utilité économique, posent souvent des limites à la liberté syndicale ou à la capacité de négociation des syndicats eux-mêmes. »

Pour conclure, Benoît XVI insiste sur l’utilité des syndicats de travailleurs, s’appuyant notamment sur la doctrine sociale de l’Eglise et en particulier l’encyclique du pape Léon XII Rerum novarum (« Des choses nouvelles ») qui l’inaugure, dès 1891 :

« Les réseaux traditionnels de solidarité se trouvent ainsi contraints de surmonter des obstacles toujours plus importants. L’invitation de la doctrine sociale de l’Église, formulée dès Rerum novarum à susciter des associations de travailleurs pour la défense de leurs droits, est donc aujourd’hui plus pertinente encore qu’hier, ceci afin de donner avant tout une réponse immédiate et clairvoyante à l’urgence d’instaurer de nouvelles synergies sur le plan international comme sur le plan local. »

(1) Caritas in veritate

(2) Rerum novarum

Catholiques anarchistes de tous les pays, unissez-vous !

Après une légion romaine de blogs collaboratifs dont nous tairons les noms pour le moment, sans compter ceux restés inconnus ou échoués sur les plages désertes du web international, n’est-il pas temps que je retrouve la parole pour me lancer à mon tour dans la lutte ?

C’est du moins ce vers quoi quelques amis bien trempés m’ont encouragé d’aller. Et puis quoi ? N’ai-je pas moi aussi un avis sur les combats qui sont les nôtres, pour plus de justice sociale, plus de paix, plus d’amour durable si possible ?

Je l’avoue maintenant, j’avais peur d’un blog personnel parce que ce serait encore prendre des coups, des baffes, des attaques sournoises, à cause des jeux de pouvoir des financiers qui se déguisent souvent en honnêtes marchands du temple quand ce ne sont que de simples vendeurs de tapis…

Las, c’est dans cette atmosphère insurrectionnelle, où la lutte demande toujours plus d’extension dans ce domaine des communications sociales, qu’est né Catholique Anarchiste.

Je vous entends d’ici : « oh, le vilain syndicaliste de gauche », « Arlette est de retour ! ». Ne soyez pas choqués par le deuxième qualificatif de ce blog. Il ne s’agit pas de promouvoir l’anarchie au sens commun du terme, c’est-à-dire une société sans chef, sans autorité unique, un désordre social sous la férule d’une idéologie emprunte de collectivisme car héritée du communisme, souvent affublée d’un anticapitalisme primaire, cherchant la fédération ou l’autogestion des individus, avec une bonne dose de christianophobie laïcarde, d’anti-papisme libertarien voire pire encore d’un machiavélisme pervers justifiant l’emploi de la violence… Non, il ne s’agit pas de ça.

Il n’est pas non plus question d’auto-défense permanente, de justification passéiste, bannières claquant aux vents et bruits de bottes ou de rangers mal cirées, quoique certains anarchistes en portent…

Non, le catholique anarchiste est pour moi un idéal de vie parce qu’il ancre sa life non pas dans les logiques d’un système, quel qu’il soit, mais en Jésus-Christ, le plus grand révolutionnaire de tous les temps. Sa révolution à Lui, c’est celle de l’Amour. Son crédo en découle et sa foi est que seul Jésus libère et te sauve !

Le catholique anarchiste cherche à faire la volonté de Dieu. En deux mots à faire pâlir n’importe quel orateur à la fête de l’Huma, il veut mettre le feu au monde entier !

Pas un feu de voitures, mais un feu d’artifice Peace and Love, aux couleurs de la diversité humaine. D’ailleurs, le catholique anarchiste est pour une sexualité fidèle et responsable, le développement intégral de toute l’humanité. Comme le pape, il est écolo car il voit dans l’œuvre de Dieu une possible participation à la rédemption du monde, il aime les plantes et les animaux, il refuse même leur souffrance !

Le catholique anarchiste cherche la vérité. Il croit que l’amour de Dieu peut changer le monde. Ses armes sont la prière et la Parole de Dieu. Cette dernière est pour lui la plus belle lettre d’amour qu’un père puisse écrire à son fils…

A propos d’ailleurs, tuer le père, il n’est pas vraiment pour. Comme il a des gosses, il préfère se voir debout, à hauteur d’homme.

Bref, le catholique anarchiste est un peu provoc, mais il ne cherche pas la polémique pour elle-même. Et tant pis s’il dérange…

Alors catholiques anarchistes de tous les pays, unissez-vous autour de ce blog, et par pitié, laissez-moi un commentaire !

Que la lutte finale commence !

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